Envoyé très spécial

 

 

Le soutien scolaire, une affaire juteuse ?

 

Il y a quelques années, le magazine de France 2, "envoyé spécial", consacrait un reportage au soutien scolaire à domicile. En préambule, le magazine aurait pu analyser les causes de l'échec scolaire. Mais ce sujet ne fut pas traité.

Le but était de parler du soutien scolaire, en le présentant comme une activité très lucrative.

On annonce des bénéfices énormes et invérifiables, en additionnant les revenus perçus par tous les enseignants et sociétés exerçant cette activité.

 

Si vous voulez critiquer une profession, faites de même en additionnant, par exemple, les revenus de tous les coiffeurs, les boulangers, les pharmaciens de France.

Vous atteindrez forcément des sommes très importantes, ce qui ne signifie pas pour autant que chaque commerçant est riche, et encore moins, malhonnête.

 

Les trains qui arrivent à l'heure : aucun intérêt

 

La couleur était donc annoncée dès le départ, on tire à vue sur le soutien scolaire à domicile.

On passe ensuite aux reportages. Et là, on évite de montrer les trains qui arrivent à l'heure.

Vous connaissez le principe, 99 trains arrivent à l'heure, le 100ème arrive en retard.

On va montrer uniquement le 100ème.

 

Filmée en caméra cachée, une journaliste se présente à un entretien d'embauche dans une grande société de soutien scolaire. Au moment où on lui demande de présenter ses diplômes et son extrait de casier judiciaire, elle prétend les avoir oubliés.

Pour lui être agréable, la recruteuse lui dit que ce n'est pas grave, et qu'elle pourra néanmoins être admise.

 

Conclusion des journalistes : dans les sociétés de soutien scolaire, les enseignants peuvent être embauchés sans aucun diplôme, et sans extrait de casier judiciaire.

 

Ayant moi-même été recruté par plusieurs sociétés de soutien scolaire, je peux affirmer que cette conclusion est fausse. Si l'on n'est pas en mesure de fournir ces documents lors de l'entretien, ils sont impérativement demandés avant de signer le premier contrat, ce que n'a pas fait la journaliste. Pas de document, pas de contrat, ce qui signifie pas de cours et donc, pas de salaire !

 

Le tribunal des flagrants délires

 

Dans le même reportage, on a filmé, toujours en caméra cachée, des cours dispensés par des enseignants à domicile débutants, dans le but de démontrer leur incompétence.

Les films ainsi réalisés ont ensuite été projetés devant plusieurs professeurs de l'Education nationale.

 

Ces professeurs, qui se gaussaient ainsi des erreurs commises par leurs jeunes confrères filmés à leur insu,

auraient-ils été aussi fiers, si on avait pu repasser l'enregistrement de leur premier cours, dispensé peut-être

15 ou 20 ans plus tôt ?

Je trouve ce procédé contestable, surtout sur une chaîne publique. Cette pratique me semble plus adaptée aux émissions de télé réalité qu'à un magazine d'information.

 

Il ne s'agit pas d'affirmer ici que ces sociétés sont parfaites. Mais si un imposteur se présente en surévaluant

ses compétences, et qu'il est tout de même recruté, il ne restera pas dans la société.

Il faut savoir que toutes ces sociétés demandent aux parents d'évaluer les enseignants.

En effet, ces sociétés étant mandataires, les véritables employeurs sont les parents.

Ainsi, si un intrus devait traverser les mailles du filet, son activité serait de très courte durée.

 

Pourquoi, pour qui ?

 

J'ai du mal à comprendre quel était l'objectif réel de ce reportage. Règlement de comptes ?

Mais au profit de qui ?

Un courriel de ma part adressé au Médiateur de France Télévisions est resté sans réponse.

J'avais jusqu'alors une bonne opinion de cette émission. Si je la regarde à nouveau, ce sera désormais avec la plus grande circonspection.

 

 

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